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Trump envisage "absolument" de se retirer de l'Otan, aggravant les tensions entre alliés
information fournie par Reuters 01/04/2026 à 16:11

Le président américain Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche

Le président américain Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche

par John Irish et Sam Tabahriti

Les tensions entre les États-Unis et ses alliés ‌au sein de l'Otan ne cessent de se tendre après que le président américain Donald Trump a déclaré mercredi à Reuters qu'il envisageait "absolument" de retirer son pays de l'alliance, en ​raison du refus des pays européens d'envoyer des navires pour débloquer le détroit d'Ormuz.

Donald Trump a déclaré à Reuters qu'il exprimera son "dégoût" vis-à-vis de l'Otan dans le discours qu'il doit prononcer dans la soirée - soit au cours de la nuit pour l'Europe - en prévenant qu'il envisage "absolument" de retirer les États-Unis de l'alliance transatlantique.

Les propos tenus mercredi par Donald Trump ​sont intervenus quelques heures seulement après que son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a refusé de réaffirmer l'engagement des États-Unis envers la défense collective de l'Otan, un concept clé de l'alliance.

L'Otan, qualifiée à plusieurs reprises de "tigre de papier" ​par le président américain, regroupe des pays européens, les États-Unis et le Canada. L'alliance a ⁠été créée en 1949 dans le but de contrer la menace d'une attaque soviétique et constitue depuis lors la pierre angulaire de la sécurité occidentale.

Les experts avertissent ‌depuis longtemps que des propos suggérant que les États-Unis pourraient ne pas honorer leurs engagements envers l'Otan pourraient encourager la Russie à tester la capacité des membres de l'Otan à appliquer l'Article 5 de l'alliance, qui stipule qu'une attaque armée contre un État membre est une ​attaque contre tous.

La France a été l'un des premiers membres européens ‌de l'Otan à réagir, sans toutefois aborder directement la menace de Trump de quitter l’Otan.

"Je tiens à rappeler ce qu'est ⁠l'Otan. C'est une alliance militaire oeuvrant pour la sécurité de la zone euro-atlantique. Elle n'a pas vocation à mener des opérations dans le détroit d'Ormuz, ce qui constituerait une violation du droit international", a déclaré mercredi Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre française des Armées, lors de la conférence Guerre et Paix à Paris.

APPEL AU CALME

En Pologne, le ⁠ministre de la Défense Wladyslaw Kosiniak-Kamysz ‌a appelé au calme : "J'espère qu'au milieu des émotions qui entourent aujourd'hui (les déclarations du) président des États-Unis, un moment de calme s'installera".

"Et pourquoi ? Parce qu'il ⁠n'y a pas d'Otan sans les États-Unis, et qu'il est dans notre intérêt que ce calme s'installe. Mais il n'y a pas non plus de puissance américaine sans l’Otan", ‌a-t-il ajouté.

L'Otan n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat.

Interrogé à propos de la déclaration de Donald Trump, un porte-parole du gouvernement allemand a déclaré que l'Allemagne ⁠restait attachée à l'Otan : "Ce n'est pas la première fois qu'il agit ainsi, et comme il s'agit d'un phénomène récurrent, vous ⁠pouvez probablement juger par vous-mêmes des conséquences".

Le Premier ‌ministre britannique Keir Starmer a déclaré qu’il agirait dans l'intérêt de son pays, quelles que soient les "rumeurs". L'instabilité causée par la guerre en Iran signifie que la Grande-Bretagne devrait ​se recentrer pour renforcer ses liens économiques et de défense avec l'Europe, a-t-il déclaré.

DÉFENSE COLLECTIVE ?

Interrogé mardi ‌sur la question de savoir si les États-Unis restaient attachés à la défense collective de l'Otan, Pete Hegseth a déclaré : "En ce qui concerne l'Otan, c'est une décision qui reviendra au président. Mais je dirai ​simplement que beaucoup de choses ont été dévoilées au grand jour."

"Une alliance ne vaut pas grand-chose si certains pays ne sont pas prêts à vous soutenir lorsque vous en avez besoin", a déclaré Pete Hegseth.

La France a refusé d'autoriser Israël à utiliser son espace aérien pour ravitailler un vol transportant des armes américaines utilisées dans la guerre contre ⁠l'Iran, et l'Italie a refusé l'autorisation aux avions militaires américains d’atterrir à la base aérienne de Sigonella en Sicile avant de se diriger vers le Moyen-Orient, ont indiqué des sources à Reuters.

La France et l'Italie ont toutes deux déclaré qu'il s'agissait d’une mesure standard et qu'aucun changement n'avait été apporté.

Donald Trump a également critiqué à plusieurs reprises la Grande-Bretagne pour ne pas s'être jointe aux États-Unis lors du déclenchement de la guerre.

L'Espagne, en revanche, a publiquement déclaré avoir totalement fermé son espace aérien aux avions américains participant aux frappes contre l'Iran.

(Rédigé par Ingrid Melander, avec la contribution de Phil Stewart à Washington, Andreas Rinke à Berlin, Sarah Young à Londres, Barbara Erling à Varsovie, Andrew Gray à Bruxelles ; ​version française Coralie Lamarque, édité par Benoit Van Overstraeten)

4 commentaires

  • 18:50

    En Amérique du Sud et Amérique centrale, la langue officielle est l'espagnole, et le portugais pour le Brésil. En Amérique du Nord ils parlent anglais. Et francais en Louisiane et au Canada. Les colonisateurs sont tous d'origine européenne. Qui a massacré les indiens ? qui a massacré les mayas, les aztèques ?


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